mercredi 22 mai 2019
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Comman-Ya ou l’entrepreuneuriat féminin customisé

De plus en plus de femmes investissent le monde des affaires en Côte d’Ivoire. Les statistiques montrent cependant que la disparition précoce de startups, pour diverses raisons, est une constante pour nombres d’entre elles. Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Mlle ALIMAN Pervenche, fondatrice de Comman-Ya, un incubateur de startups qui cible principalement les femmes.

Bonjour Pervenche, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Pervenche ALIMAN, Banquière de profession et diplômée de l’Institut des Techniques Bancaires (ITB). J’ai aussi une formation en Gestion Commerciale et en Droit des Affaires. Je suis passionnée entre autres choses par le monde entrepreneurial et par la promotion des femmes.

Tu es aujourd’hui promotrice de Comman-Ya, un programme de formation pour startups de femmes incluant du mentorat. Peux-tu nous faire la genèse de ton aventure entrepreneuriale ?

Cette idée m’est venue d’un constat simple. Dans le portefeuille de clients PME que je gérais, j’ai remarqué que j’avais à peine 5% de femmes gérantes, et très peu de femmes actionnaires. Il en était de même dans les portefeuilles de mes collègues. J’ai aussi remarqué que ces femmes, en dépit du potentiel de leurs activités, avaient une aversion pour le financement bancaire. Ce qui ne permettait pas à leurs activités d’atteindre une pleine expansion.

Paradoxalement dans ma vie associative, j’étais en contact avec plusieurs femmes entreprenantes qui disaient manquer de financement. En tant que banquier, je comprenais les réticences des banques. Quand je regardais leurs activités, je savais qu’en l’état, on ne pouvait les financer car en plus de ne pas être structurées, il leur manquait quelque chose. Au fil de mes expériences, j’ai finalement identifié ce qui, en mon sens, leur faisait défaut. Il s’agissait entre autres de leadership, de formations en gestion d’entreprise, d’accès à l’information, à un réseau, d’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle.

J’ai alors décidé d’apporter mon expertise à ces femmes, qui aspirent à devenir des PME et de grandes entreprises plus tard. Ne pouvant le faire seule, j’ai embarqué mes amis et connaissances (banquiers, comptables, entrepreneurs…). Je souhaite réconcilier ces femmes avec la banque parce qu’il ne suffit pas de recevoir des financements, mais il faut en être « digne » ; il faut être prêt à les recevoir, à les utiliser à bon escient et surtout à les rembourser.

Comman-Ya cible principalement les femmes, en quoi le mentorat apparaît il plus pertinent pour elles ?

Avoir un mentor permet aux femmes de se sentir soutenues, d’avoir quelqu’un qui a vécu les mêmes galères que soi et qui s’en ait sorti. Très souvent dans les médias, on présente les entrepreneurs à succès comme des personnes qui ont réussi du jour au lendemain. Ce qui je trouve n’est pas juste. Il faut que de plus en plus les entrepreneurs à succès parlent de leurs échecs et de leurs multiples tentatives avant la terre promise.

Je pense que le mentorat est un raccourci vers le succès.

Parle-nous de ton concept, comment peut-on se faire accompagner par Comman-Ya ?

Les inscriptions au programme Comman-Ya se font en ligne par appels à candidature. Lorsque la période approchera, vous serez prévenus via  les réseaux sociaux, notamment sur notre page Facebook (Comman-Ya). Un lien est communiqué pour le dépôt de candidatures à travers un formulaire.  Nous étudions les dossiers et présélectionnons les projets. Ensuite un entretien est fait avec les candidates présélectionnées pour affiner la sélection. Nous souhaitons avoir un groupe restreint (10 apprenantes) au maximum.

Les critères de sélection sont les suivants :

–          Avoir une activité à fort potentiel de moins de 3 ans ou être porteuse de projet

–          Cette activité doit être à valeur ajoutée. Sont exclues les activités de négoce (Achat pour revente)

–          Activité respectueuse de l’environnement et de la morale

–          Être une femme engagée à se former

Le programme Comman-YA donne droit gratuitement à une formation, à du mentorat, à du coaching et à un réseau.

La cérémonie de lancement de Comman-Ya s’est déroulée le 04 Septembre dernier. Quels étaient les objectifs visés ? Ont ils été atteints ?

Les objectifs de ce lancement étaient de donner le top départ du programme mais surtout faire connaître le programme au grand public. Les objectifs sont atteints. Nous avons eu une belle
cérémonie. Nous continuons de recevoir des demandes d’inscription. La prochaine session est prévue pour Janvier 2019.

Le nombre d’incubateurs et d’accélérateurs de startups est sans cesse croissant dans la sous-région Ouest Africaine notamment en Côte d’Ivoire. Quels aspects des services que vous offrez vous démarquent du lot ?

Comman-Ya se démarque par la nature des formations qui ont pour objectif d’être plus pratiques que théoriques. A la fin de la journée, il faut que la Comman-Ya puisse implanter ce qu’elle a appris.
La formation est aussi accompagnée de rencontres avec des professionnels (des banquiers, des marketeurs du digital…), ainsi qu’avec des entrepreneurs inspirants. Elles ont aussi au programme des
séances de coaching sur le leadership et sur la prise de parole en public.
En outre, chaque Comman ya se voit attribuer un mentor (homme ou femme) en fonction de son domaine d’activité.
La particularité aussi du programme c’est qu’il peut être customisé en fonction des spécificités de chaque activité.

En tant qu’entrepreneure, quels sont selon vous les facteurs de réussite dans ce domaine, surtout pour les femmes ?

La femme entrepreneure doit s’autoriser à oser. La barrière à lever est d’abord mental. Dès lors qu’elles comprendront qu’elles ont du pouvoir et qu’elles peuvent changer leur condition, tout s’emboitera. Elles doivent aussi appréhender la formation comme un actif. Autant elles pensent investir dans des machines, dans des matières premières…, elles doivent aussi investir dans leur formation. Une autre clé, c’est d’arrêter de se préoccuper d’avoir des financements. Elles doivent plutôt travailler à devenir elles-mêmes des opportunités pour les investisseurs. C’est en cela que Comman-Ya se veut le partenaire idéal pour muscler leurs ambitions.

*Comman-Ya signifie Femmes battantes en Atchan (Ebrié, langue locale du peuple lagunaire d’Abidjan)

Abidjanmarketing.net

 

Un commentaires

  1. Bravo ! RAS tout y est! chapeau et longue vie à comman-ya…..