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Anne-Alix KACOU – Esprit marketing et Doigts de Fée

Marketing Manager – Côte Ouest Audiovisuel

L’industrie cinématographique en particulier et l’Afrique en général sont en grande mutation, on est dans une « guerre » du contenu dans un contexte hautement mouvementé.

Il y a une volonté managériale au niveau de mon entreprise d’anticiper sur les changements de l’industrie, on est donc en marche pour assurer la pérennité du business. 

Vous êtes aujourd’hui marketing manager dans une entreprise en plein essor, comment en êtes-vous en arrivée là ?

Eh Bien, je suis un pur produit de l’éducation nationale ivoirienne. J’ai un Brevet de Technicien Supérieur en Gestion Commerciale après lequel je me suis immédiatement inséré dans le milieu professionnel (je n’avais pas encore eu les résultats des examens que  j’étais déjà employée dans l’industrie du Tabac). Je cumule 16 années d’expérience en Agence de Communication, Administration Publique (Politique), Agro Industrie, Telecom et depuis quelques années Industrie Audiovisuelle.

Quelles sont les fonctions d’un marketing manager dans le secteur de l’audiovisuel ?

Elles sont les mêmes que dans les autres secteurs –  à peu de choses près –  en ce qui concerne la surveillance des indicateurs du marché (PESTEL), des acteurs du marché , des concurrents, du « nourrissement », des outils de pilotage du business ainsi que de la rédaction de notes de stratégies pour une meilleure orientation et prise de décisions managériales etc.

Conception d’offres clients, ‘Yield’ Management des produits de l’entreprise, Sélection des meilleurs produits, en phase avec la segmentation clientèle etc

Quelles sont les spécificités et les limites du marketing du cinéma ?

Le marketing chez un distributeur audiovisuel n’échappe pas aux règles conventionnelles. La réalité ici pour ne pas dire la limite principale, est qu’en tant qu’intermédiaires nous sommes confrontés aux enjeux de tous les intermédiaires je dirais : la vocation à disparaitre si on n’opère pas une mue systématique en phase avec les changements du marché. Les acteurs se parlent directement, et finissent par ne plus être tributaire du « courtier ».

En effet l’industrie cinématographique en particulier et l’Afrique en général sont en grande mutation, on est dans une « guerre » du contenu dans un contexte hautement mouvementé. Il faut être extrêmement réactif et avoir des moyens considérables pour pouvoir prendre la parole.
Heureusement, il y a une volonté managériale au niveau de mon entreprise d’anticiper sur les changements de l’industrie, on est donc en marche pour assurer la pérennité du business.

L’organisation pour laquelle vous travaillez se spécialise aussi dans la distribution des films africains. Pouvez-vous dire quels sont les enjeux qui y sont liés ?

L’objectif majeur de l’entreprise est de créer une plate forme dynamique d’échange de contenus entre l’Afrique Francophone et l’Afrique Anglophone. Ce qui fonctionne assez bien dans le sens anglophone vers Francophone, hélas dans le sens inverse nous sommes confrontés à des problèmes de qualité des productions. Toutefois cela tend à s’améliorer avec l’émergence de producteurs d’Afrique Francophone de plus en plus talentueux et soucieux de produire des œuvres de belle facture.

Samba Gadjigo, professeur de littérature et de cinéma d’expression francophone à l’université américaine Mount Holyoke Collège, biographe officiel du réalisateur Sembène Ousmane, et coréalisateur du documentaire «Sembene!» a affirmé dans une interview que nous sommes nourris d’images qui viennent de l’extérieur et notre image est faite par d’autres. Qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’il ya quelques années, cela était une réalité, mais ces dernières années, on assiste à un enracinement culturel, une prise de conscience des peuples africains. Il ya un fort courant de conscientisation des jeunes africains qui émerge, et cela est illustré par les « Majors » qui s’intéressent de plus en plus au marché africain et investissent dans les grosses productions cinématographiques.

Aujourd’hui, les chaines africaines font la part belle aux productions locales, et sont prêtes à investir le plus gros de leurs budgets acquisition dans les productions africaines et surtout à les programmer aux prime times.

Les long métrages et feuilletons d’ailleurs ont une forte audience africaine, notre cinéma s’exporte-t- il aussi bien ?

De plus en plus oui, nous arrivons même à se faire nominer aux distinctions internationales de renom comme les Emmy Award avec des soaps opera.

Qu’est-ce qui vous passionne tout particulièrement dans le marketing ?

Le marketing c’est la vie au quotidien, c’est quelque chose qui est présent partout. On fait du marketing avec sa famille, ses enfants, au travail, à l’église, bref on ne peut pas y échapper, c’est une discipline universelle qui se réinvente tous les jours et de façon tellement originale… un peu comme moi (rires).

 

 

 

 

 

 

C’est cela qui me passionne. La possibilité qu’on a de sortir des sentiers battus, d’innover, d’exprimer son talent avec originalité, subtilité.

En plus du marketing, vous êtes passionnée de maquillage. D’où vient cette passion ?

Je pense que c’est un talent inné, parce que je n’ai pas fait de formation pour cela. C’est vrai que j’ai toujours été quelqu’un de méticuleux, qui rien

qu’en observant est capable d’intégrer tout ce qui a trait à l’esthétique et la coiffure, mais je n’ai rien fait de spécial pour avoir ces aptitudes. Je remercie Dieu pour ce don merveilleux.

La concurrence est rude dans ce domaine, êtes-vous beaucoup sollicitée ?

Je suis relativement sollicitée et malgré la concurrence, il ya de la clientèle pour tout le monde je pense, et les clientes savent ce qu’elles veulent.

Par ailleurs, pour l’instant, c’est une activité subsidiaire, alors je n’exerce que les week-ends et jours fériés ce qui ne me donne malheureusement pas l’opportunité d’offrir mes services au maximum de clientes.

Comment conciliez-vous votre vie de famille, votre travail à plein temps et votre planning de maquilleuse professionnelle ?

Tout est dans l’organisation. Je ne travaille que sur rendez-vous bien planifiés. Etant quelqu’un de plutôt méthodique également, j’ai ma petite organisation personnelle, qui me permet d’avoir du temps pour ma famille tout en restant efficace professionnellement.

A côté de cela je gère tranquillement mon business de maquillage et accessoirement de pâtisserie et j’arrive à vivre ma foi chrétienne.

Quelles sont selon vous les règles d’or du maquillage ?

De mon point de vue, il n’ya pas de règles, bien au contraire, c’est de l’art, il faut savoir laisser son art s’exprimer. Bien sûr, en tenant compte des desiderata de la cliente qu’on a en face de soi.

Une de vos meilleures astuces maquillage ?

Toujours humidifier la « beauty blender » avec un brumisateur pour une application parfaite du fond de teint liquide. Le rendu final est beaucoup plus net et la matière adhère mieux.

Interview réalisée par Anaïs

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